Le Quartier Latin

St. Michael's Square
  • Place Saint-Michel

  • Aujourd'hui, nous partons explorer le Paris médiéval et son quartier le plus ancien : la Rive Gauche. Pour la localiser, faites comme moi - placez-vous face à l'Atlantique. Voilà, la rive gauche est là où nous nous trouvons.C'est ici que débuta l'exp...

    Aujourd'hui, nous partons explorer le Paris médiéval et son quartier le plus ancien : la Rive Gauche. Pour la localiser, faites comme moi - placez-vous face à l'Atlantique. Voilà, la rive gauche est là où nous nous trouvons.

    C'est ici que débuta l'expansion romaine à Paris. Ce dédale de ruelles étroites exhale un charme médiéval intact. Cafés, restaurants et surtout librairies s'y pressent - logique puisqu'on y trouve l'Université de Paris et la prestigieuse Sorbonne.

    Pourquoi "Quartier Latin" ?

    Au XIIe siècle, l'Université de Paris y fut fondée. Tous les cours se donnaient en latin - le français étant alors considéré comme vulgaire. Étudiants et intellectuels parlant latin baptisèrent ce secteur le "Pays Latin".

    Aux origines : des Celtes aux Romains

    Paris naquit sur l'Île de la Cité, peuplée dès le IVe siècle av. J.-C. par les Parisii, tribu celte de pêcheurs.

    En 58 av. J.-C., Jules César conquit la région. Les Romains bâtirent un aqueduc de 15 km, un amphithéâtre (avec combats de gladiateurs !) et des thermes. Vers 250 ap. J.-C., Lutetia Parisiorum compta 10 000 habitants. L'actuel emplacement de Notre-Dame abritait alors un temple dédié à Jupiter.

    Chute de Rome et avènement des Francs

    Face aux invasions germaniques, sainte Geneviève sauva Paris d'Attila en 450, devenant sa patronne.

    En 486, le jeune roi franc Clovis Ier vainquit le dernier commandant romain Syagrius. Ce coup d'éclat marqua le début de la dynastie mérovingienne.

    Converti au christianisme par son épouse Clotilde et l'évêque Rémi après sa victoire à Tolbiac (vers 496), Clovis fut baptisé à Reims avec 3 000 guerriers. Ce moment fondateur scella l'alliance entre monarchie franque et Église romaine.

    Saint-Étienne : premier édifice chrétien

    Clovis ordonna la construction d'une basilique dédiée à saint Étienne sur l'Île de la Cité, symbole du nouvel ordre religieux. Elle fut remplacée au XIIe siècle par Notre-Dame.

    Révolution haussmannienne

    Sous Napoléon III, le baron Haussmann transforma Paris :

    - Ruelles médiévales → grands boulevards

    - Immeubles haussmanniens unifiant le paysage urbain

    Ces bâtiments néoclassiques mêlent :

    - Symétrie antique

    - Détails baroques et rococo (corniches fleuries, balcons en fer forgé)

    - Toits mansardés abritant les chambres de domestiques

    Symboles parisiens

    Napoléon III initia également :

    - L'Opéra Garnier

    - 4 des 5 grandes gare

    - La place Saint-Michel où l'archange terrassant le mal (fontaine de 1860) devint lieu de rassemblement. En 1998, l'ange arbora même le maillot de Zidane !

    Astuce
    : Le fond de la fontaine imite un arc de triomphe - habile transformation d'un immeuble tronqué lors du percement du boulevard.

    Hommages du XXe siècle

    Les deux chimères ajoutées plus tard honorent la Résistance et les soldats de la Seconde Guerre mondiale.


Shakespeare & Co.
  • Shakespeare & Co.

  • Nous nous trouvons dans la librairie Shakespeare and Company, l'une des librairies les plus énigmatiques et emblématiques de Paris. En fait, ce fut la première librairie anglophone de la ville. Et aujourd'hui, je vais vous raconter son histoire fasci...

    Nous nous trouvons dans la librairie Shakespeare and Company, l'une des librairies les plus énigmatiques et emblématiques de Paris. En fait, ce fut la première librairie anglophone de la ville. Et aujourd'hui, je vais vous raconter son histoire fascinante.

    La première Shakespeare and Company fut fondée en 1919 par une Américaine nommée Sylvia Beach, originaire de Pennsylvanie. Sylvia vint s'installer à Paris et, en cherchant une librairie où acheter des livres en anglais, elle réalisa qu'il n'en existait aucune. Alors, sans hésiter, elle décida d'ouvrir la première librairie anglophone de Paris.

    (Il faut noter que cette librairie ne se trouvait pas à l'emplacement actuel, mais à un endroit proche que nous verrons plus tard et que je vous indiquerai. Ici se trouvait alors une autre librairie appelée Le Mistral. Mais nous y reviendrons. Parlons d'abord de la Shakespeare and Company originale.)

    Dès le début, Sylvia fit face à un obstacle majeur : de nombreux livres étaient censurés dans des pays comme les États-Unis ou l'Angleterre. L'un d'eux était Ulysse de James Joyce. Quand Sylvia essaya de se procurer des exemplaires de ce roman, les éditeurs refusèrent catégoriquement.

    Alors que fit-elle ? Elle transforma sa librairie en maison d'édition et commença à publier précisément ces livres interdits ailleurs. Cela attira une grande communauté de lecteurs, Américains et Anglais, qui venaient à Paris pour lire ce qu'ils ne trouvaient pas chez eux. Ainsi, la librairie acquit une immense réputation.

    Parmi ses visiteurs les plus célèbres se trouvait Ernest Hemingway, connu pour la précision et la clarté de ses descriptions. D'ailleurs, Hemingway ne logeait pas n'importe où lors de ses séjours parisiens. Il séjournait à l'hôtel le plus luxueux de la ville. Lequel selon vous ?
    Exact ! Le Hôtel Ritz, qui devint un symbole de luxe dès 1871 en étant le premier hôtel à proposer des salles de bains privées. Ce qui nous semble banal aujourd'hui était un vrai privilège à l'époque. Il offrait aussi l'électricité et le téléphone dans chaque suite, une véritable innovation.

    L'occupation nazie et la fermeture

    L'âge d'or de la Shakespeare and Company originale dura jusqu'en 1941, date de sa fermeture. La raison ? L'occupation nazie. Certains disent que Sylvia Beach ne supportait pas sa nouvelle clientèle : des soldats allemands aux bottes montantes. D'autres affirment que ce sont les nazis eux-mêmes qui fermèrent la librairie, soupçonnant qu'on y cultivait des idées anti-régime.

    Quoi qu'il en soit, la fermeture fut définitive. Sylvia fut même emprisonnée, mais libérée grâce à des pressions américaines. Après sa libération, elle retourna dans son pays et ne revint jamais à Paris.

    Alors... pourquoi une Shakespeare and Company existe-t-elle aujourd'hui à cet emplacement ?

    Comme je l'ai mentionné, ce site abritait la librairie Le Mistral, fondée en 1951 par George Whitman, également Américain. Ce lieu avait une histoire encore plus singulière, étant construit sur les vestiges d'un ancien monastère. Whitman se voyait comme "le gardien du savoir" et sa librairie ne faisait pas que vendre des livres : elle hébergeait aussi des voyageurs sans le sou, surnommés "tumbleweeds" (comme ces plantes roulantes des westerns poussées par le vent).

    Parmi ces "tumbleweeds" se trouvaient même des acteurs célèbres comme Ethan Hawke et des auteurs comme J.K. Rowling, qui s'en inspira plus tard pour décrire la librairie magique dans Harry Potter. Ils pouvaient rester plusieurs jours, sous trois conditions strictes :

    1. Écrire une courte autobiographie sur une feuille
    2. Lire un livre par jour
    3. Aider aux tâches de la librairie

    La librairie compte deux étages. À l'étage supérieur, des canapés permettent à ces pèlerins de dormir. La nuit, à la lueur des bougies, ils partageaient les histoires lues dans la journée. De ces échanges naquirent des idées, des projets... et même des romans.

    Une curiosité : la librairie abrite un puits à souhaits. Parfois, un employé déguisé en pirate monte sur un tonneau pour déclamer des passages d'œuvres, généralement de Shakespeare, en anglais. Une scène qui semble tout droit sortie du Moyen Âge, comme un troubadour moderne au cœur de Paris.

    En réalité, la librairie se divise en trois parties :

    La première boutique, principal, souvent bondé, propose des livres contemporains comme toute librairie anglaise.
    Le deuxième, plus calme, expose des livres anciens et premières éditions (à partir de 800-1200€).
    Le troisième est un petit café où les clients viennent non seulement pour le café, mais aussi pour discuter littérature, en anglais bien sûr, avec les serveurs.


Saint Julien-le-Pauvre Church
  • Saint Julien-le-Pauvre Church

  • Nous nous trouvons dans l'énigmatique square René-Viviani, un petit coin symbolique de Paris. Ce parc porte le nom de René Viviani, un avocat et homme politique français très aimé de sa famille... mais moins des autres, puisqu'il fut l'inventeur de l...

    Nous nous trouvons dans l'énigmatique square René-Viviani, un petit coin symbolique de Paris. Ce parc porte le nom de René Viviani, un avocat et homme politique français très aimé de sa famille... mais moins des autres, puisqu'il fut l'inventeur de l'impôt sur le revenu.

    Dans ce square, nous découvrons plusieurs reliques intéressantes. À l'emplacement actuel de cette sculpture représentant l'Arbre de Vie se trouvait autrefois une fontaine. Celle-ci commémorait la convergence de deux voies romaines : une nord-sud vers Orléans et une est-ouest vers Lyon. Comme vous pouvez le voir, c'était un carrefour important à l'époque romaine.

    En 1982, cette sculpture moderne remplaça l'ancienne fontaine. Comme je le disais, elle symbolise l'Arbre de Vie. On y voit plusieurs enfants s'entraidant pour grimper à l'arbre : certains s'embrassent, d'autres se poussent vers le haut, mais seuls quelques-uns atteignent le sommet. Cette œuvre rend hommage aux plus de 11 000 enfants juifs déportés de France vers les camps nazis entre 1942 et 1944.

    Vers le fond du square, vous apercevrez une autre sculpture en verre représentant deux mains d'enfants tentant de se toucher. Et au milieu du tronc, on distingue deux têtes de cerf. Ces éléments renvoient à une fable médiévale que je vais vous conter, intimement liée à l'église que nous visiterons ensuite.

    L'église Saint-Julien-le-Pauvre

    Juste à côté du square se dresse la plus vieille église de Paris, construite en 693 ap. J.-C. (VIIe siècle). Cependant, au IXe siècle, les Vikings assiégèrent Paris, entrant par le fleuve à bord de leurs drakkars et détruisant une grande partie de la ville, dont cette église, à coups de catapultes.

    Elle fut reconstruite en 1160 lorsque le prieuré de Longpont s'y installa. À l'origine, cette église s'appelait Saint-Julien-l'Hospitalier car - selon la tradition - ce saint offrait le gîte aux voyageurs et pèlerins indigents. Cela ne vous rappelle-t-il pas ce que faisait George Whitman à Shakespeare and Company ?

    À partir de 1593, l'église fut utilisée par l'Université de Paris pour l'enseignement, puis devint en 1601 un lieu de culte pour les catholiques grecs-melkites, une branche de l'Église orthodoxe. Contrairement à l'Église catholique romaine qui relève du Pape, les Églises orthodoxes sont gouvernées par différents patriarcats en Asie et en Europe de l'Est.

    La légende du cerf et l'origine de "Saint-Julien-le-Pauvre"

    Revenons maintenant aux têtes de cerf de la sculpture, car elles sont directement liées à l'histoire de Saint Julien le Pauvre. Il ne fut pas appelé ainsi par pauvreté matérielle, mais à cause de la tragique histoire que je m'apprête à vous raconter.

    Il y a bien longtemps, un garçon nommé Julien vivait heureux avec ses parents dans un lointain royaume. Comme tous les enfants, il adorait jouer dans la forêt. Un jour, alors qu'il s'amusait parmi les arbres, un cerf blanc lui apparut - non seulement le fixant du regard, mais lui parlant ! Il dit :
    "Julien, un jour tu tueras tes parents."

    L'enfant fut profondément traumatisé, autant par la terrifiante prophétie que par le fait qu'un cerf lui ait parlé - de quoi marquer n'importe quel enfant.

    Devenu adolescent, Julien choisit de s'exiler dans un autre royaume, craignant que la prophétie ne s'accomplisse. Avec le temps, il se maria, acheta une maison et commença une nouvelle vie. Des années plus tard, ses parents - sans nouvelles de lui - partirent à sa recherche. Après des semaines de voyage, ils trouvèrent sa demeure. Son épouse les accueillit chaleureusement et leur offrit le lit conjugal pour se reposer.

    Mais Julien rentra cette nuit-là. Ne voyant pas sa femme, il pensa qu'elle dormait déjà à l'étage. En entrant dans la chambre et découvrant deux inconnus dans son lit, il crut qu'ils avaient fait du mal à son épouse. Dans un accès de rage, il saisit une épée et les tua.

    Ce n'est qu'à l'aube qu'il découvrit l'horrible vérité : il avait assassiné ses propres parents... accomplissant ainsi la prophétie du cerf.

    Dès lors, rongé par le remords, Julien consacra sa vie à la prière et à aider les nécessiteux, cherchant la rédemption. Voilà pourquoi on l'appela "le Pauvre" - non par indigence matérielle, mais pour le fardeau spirituel qu'il porta jusqu'à son dernier souffle.

    Un arbre chargé d'histoire

    Pour conclure, observez cet arbre ici. C'est un robinier, et il n'est autre que le plus vieil arbre de Paris. Durant plus de 400 printemps, il a fleuri, et bien que montrant des signes de vieillesse, il tient toujours debout grâce à une béquille d'acier. Ce support en forme de poutre, recouvert pour imiter le bois (bien qu'artificiel), l'aide à supporter le poids des années.

    Espérons que, comme l'histoire de Julien, cet arbre continue de se dresser pendant de nombreuses années encore.


Saint-Severin Church
  • Saint-Severin Church

  • Nous nous trouvons devant l'église Saint-Séverin, un joyau de l'architecture gothique parisienne. Mais avant d'en parler, regardez le sol : sur le trottoir, vous verrez de petits motifs dorés en forme de coquilles. Ces coquilles symbolisent le chemin...

    Nous nous trouvons devant l'église Saint-Séverin, un joyau de l'architecture gothique parisienne. Mais avant d'en parler, regardez le sol : sur le trottoir, vous verrez de petits motifs dorés en forme de coquilles. Ces coquilles symbolisent le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Si vous remarquez bien, le nom de cette rue est rue Saint-Jacques, savez-vous ce que signifie "Saint-Jacques" ? En portugais, on dit "São Tiago", c'est-à-dire Santiago. Nous sommes donc sur l'un des itinéraires historiques du Camino de Santiago, cet ancien pèlerinage chrétien qui relie divers points d'Europe à la ville galicienne.

    Revenons à l'église : Saint-Séverin est un magnifique exemple de style gothique, construit sur ordre du roi Philippe Auguste au XIIe siècle. C'est le même roi qui fit entourer Paris d'une enceinte et qui partit, aux côtés de Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, pour les croisades afin de reconquérir Jérusalem, alors appelée Terre Sainte.

    L'église mit 250 ans à être achevée, ce qui témoigne de son envergure. Comme Notre-Dame, elle est de style gothique, mais certains détails trahissent son ancienneté. Par exemple, ses gargouilles sont bien plus érodées. Et ce n'est pas un hasard : celles de Notre-Dame furent reconstruites au XIXe siècle (en 1886 précisément) par l'architecte Viollet-le-Duc après les dommages subis pendant la Révolution française.

    Saint-Séverin est réputée pour ses somptueux vitraux. Certaines verrières, notamment à l'arrière, utilisent du verre opaque. Pourquoi ? Pour capter la lumière extérieure et la diffuser à l'intérieur, créant cette lueur éthérée et purificatrice typique de l'art gothique. Les plus anciens vitraux, datant des XVe et XVIe siècles, ornent la nef centrale, qui s'élève à 17 mètres de haut, et représentent des scènes bibliques et des rois de France.

    À l'intérieur, vous trouverez aussi des chapelles latérales, chacune dédiée à un saint différent : Sainte Geneviève, Sainte Anne, Saint Antoine de Padoue... chacune avec son propre vitrail narrant la vie du saint.

    Près de l'entrée, vous verrez des vitraux plus modernes des années 1970, remplaçant les originaux détruits par un obus pendant la Seconde Guerre mondiale. Leur style contemporain, conçu par l'artiste Jean Bazaine, contraste nettement.

    L'une des curiosités est une colonne salomonique en spirale, servant de pilier central. Vous remarquerez aussi un grand orgue et des galeries supérieures où les pèlerins se reposaient autrefois.

    C'est pourquoi, au XIIIe siècle, le botafumeiro (un immense encensoir suspendu) devint populaire : sa fumée masquait les odeurs des pèlerins qui n'avaient pu se laver pendant des semaines.

    La façade et son symbolisme

    En sortant par la porte principale, observez la façade occidentale. La verrière centrale représente les flammes de l'Enfer, et si vous examinez les gargouilles, certaines ont des visages grotesques — comme un cochon (symbolisant la gourmandise) ou des figures incarnant la colère, l'envie, ou même le célibat (par exemple, une nonne sortant de sa robe, au sommet du clocher).

    Ce clocher abrite un trésor historique : la plus vieille cloche de Paris, Macée, fondue en 1412. Elle sonne encore aujourd'hui.

    Brève histoire de l'architecture gothique

    Puisque nous parlons d'art gothique, comprenons ses origines. Ce style émergea en France après l'an 1000, accompagné d'un changement de mentalité religieuse.

    Avant l'an 1000, on croyait majoritairement en un Dieu sévère et punisseur, capable d'envoyer pestes, famines et guerres. Beaucoup redoutaient même l'Apocalypse pour l'an 1000. Cela vous rappelle quelque chose ? Nous aussi avons connu nos "fins du monde", comme en 2012 avec le calendrier maya... et nous y sommes toujours.

    Mais en l'an 1000, point d'Apocalypse. En revanche, le progrès arriva : les Vikings cessèrent de ravager Paris, la science progressa, et certains fléaux furent vaincus. On commença à percevoir Dieu comme miséricordieux plutôt que cruel.

    Ce changement se refléta dans l'art. Les églises gothiques, hautes et lumineuses, devaient élever les hommes vers Dieu, tant physiquement que spirituellement.

    Maintenant, avançons. Nous quittons le 5e arrondissement pour le 6e, en empruntant la rue Saint-André-des-Arts jusqu'à la rue où vécut un certain artiste espagnol... mais je vous en dirai plus très bientôt.


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